Forum „Office 21-Zukunftsforum“ du Fraunhofer-Institut
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L'employé a-t-il besoin d'un endroit où se curer le nez ?
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Des pièces qui reconnaissent leur occupant et qui adaptent automatiquement les conditions de climatisation et d'éclairage à ses désirs ; des bureaux, où le bien être est assurés par les découvertes des designers acoustiques et olfactifs ; des matériaux de construction qui repoussent les rayonnements électromagnétiques, réduisant ainsi le smog électrique – délires de science- fiction ou idées de réflexion basées sur un fondement sérieux ? Le forum „Office 21-Zukunftsforum“ du Fraunhofer-Institut Arbeitswirtschaft und Organisation (IAO) d'Hambourg portait sur les développements à venir dans le domaine du bureau.
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Le directeur de l'institut, le professeur Peter Kern a bien précisé dès l'entame du forum, que celui-ci ne porterait pas sur des élucubrations et des prédictions de diseuse de bonne aventure, mais sur des déclarations sérieuses, avec un fondement scientifique : „Il ne nous appartient pas de formuler des pronostics d'avenir, dont 95 % se révéleront faux. Nous souhaitons au contraire présenter des alternatives d'avenir et considérer ensemble, laquelle parmi celles-ci serait souhaitable. C'est ainsi que la recherche sur le futur peut devenir une discipline créatrice.“
Afin de pouvoir planter dans le sol les premiers panneaux indicateurs sur la voie du nouveau monde du travail, le Fraunhofer IAO a lancé l'année passé la grande enquête „Soft Success Factors“, dont le directeur de l'institut Dieter Spath a présenté les résultats à l'occasion du Zukunftsforum. L'enquête avait pour objectif de découvrir, à quel point le bien-être subjectif des utilisateurs de bureau dépend de „facteurs souples“, tels que les proportions de la pièce, la lumière, l'acoustique, le choix des matériaux et la décoration personnalisée. Résumée en une phrase, l'étude témoigne du fait que le bien-être sur le lieu de travail est étroitement lié à l'attractivité du bureau. Au premier abord, ces résultats peuvent sembler aussi surprenants et spectaculaires que des déclarations du style „les connaisseurs de vin préfèrent boire du vin de qualité que du tord-boyaux bon marché“ ou „les fans de football se réjouissent plus des victoires que des défaites.“ Pourtant si l'on regarde les résultats de plus près, on tombe sur des surprises.
Selon l'étude, l'attractivité d'un bureau est déterminée bien plus par les matériaux utilisés pour la construction, que par la lumière, l'air, le niveau sonore et la qualité du mobilier. Les matériaux de grande qualité ou ceux qui en ont au moins l'apparence, arrivent clairement en tête des suffrages, lorsque l'on demande ce qui rend une pièce attractive. Le verre et les textiles sont particulièrement appréciés, les plastiques fermant la marche. En outre, si cela ne tenait qu'aux plus de 700 employés qui ont participé à l'enquête, les tons gris et les peintures noires et blanches n'auraient plus droit de cité dans les bureaux : il faut de la couleur pour générer une ambiance positive.
En revanche, le niveau sonore du bureau ne doit pas obligatoirement être faible. De façon étonnante, le fond sonore est classé dernier parmi les six facteurs, qui déterminent le bien-être au bureau, les plus cités. La question de savoir avec quelle habilité les appareils techniques ont été intégrés à la pièce, lors de la planification du bureau, est même jugée plus importante.
Facteurs de bien-être
L'image et le degré de notoriété de l'entreprise en question constituent un aspect, qui contribue fortement – et cela est surprenant – à la façon subjective de percevoir son propre poste de travail (3ème au classement des facteurs de bien-être), bien que ceci n'ait pas le moindre rapport avec la situation de bureau concrète. Ceux qui travaillent chez le leader de la branche ou dans un groupe d'envergure mondiale, retirent un certain degré de satisfaction du prestige qui y est lié – et se sentent mieux au bureau.
Parmi les différentes formes de bureaux, ce ne sont pas les bureaux individuels qui sont ressentis comme étant la variante la plus attrayante, mais les bureaux combinés, dans lesquels des espaces de travail individuels sont séparés d'une zone intérieure commune par des parois de verre. Sont également très appréciées, les formes de bureau mixtes, qui offrent à l'utilisateur des possibilités de choix personnalisés, en lien avec des concepts de bureaux non-territoriaux. Mais qu'en est-il de la sphère privée ? Ou, comme Dieter Spath le formule : „L'employé a-t-il besoin d'un endroit où se curer le nez ?“ Ce qui importe avant tout aux utilisateurs de bureau, c'est une judicieuse répartition en zones de son lieu de travail. Si une zone privée respectée et protégée fait défaut dans les bureaux de groupe ou de grande taille, les employés se sentent mal à l'aise. Par contre, le bureau individuel ne doit pas être le remède à tous les maux. Sur ce thème, un mélange de formes de bureau présentant un degré élevé de liberté de choix et de mobilité remporte également de bonnes notes. Concernant les concepts non-territoriaux correspondants, bon nombre des employés de bureau interrogés semblent être plus progressistes et ouverts d'esprit qu'on ne le soupçonne dans les étages de la direction. Au sujet de la dispute récurrente portant sur l'aptitude de tels concepts, les résultats de l'étude permettent de sonner la fin de l'alerte : Dans l'ensemble, le besoin de recréer un morceau de chez-soi à l'aide d'objets personnels tels que des photos, des souvenirs et des plantes sur le lieu de travail, paraît être bien moins important que ce que l'on suppose d'ordinaire. La part de la décoration dans l'indice d'attractivité ne dépasse pas les 2 %. Un chiffre, qui pourrait bien couper un peu d'herbe sous le pied de ceux qui font preuve de scepticisme à l'égard de la mobilité sur le lieu de travail. Il importe à présent de convertir l'abondance de chiffres et de données de l'étude „Soft Success Factors“ en aides concrètes à la planification des bureaux. Dans une étape suivante, le Fraunhofer IAO souhaite développer, sous l'intitulé „Office Environment Check“, un outil assisté par logiciel, grâce auquel les entreprises pourront analyser étape par étape, la qualité de leurs bureaux. Ensuite, à l'aide des résultats, on leur montrera les „facteurs souples“ sur lesquels ils pourront commencer à plancher, afin de pouvoir améliorer la satisfaction et la productivité de leurs employés.
Rêves et visions
Et, dans toute cette scientificité, où sont restés les rêves et les visions du bureau de demain, où tout sera différent ? Les perspectives par trop futuristes ne sont pas l'affaire de Dieter Spath. Mais il peut tout à fait imaginer, que les thèmes tels que le design acoustique trouveront leur place à l'avenir dans le monde du bureau : „L'industrie automobile a beaucoup d'avance sur nous dans ce domaine. Depuis longtemps des acousticiens travaillent sur la question, afin de trouver un son raisonnablement plein, lors de la fermeture des portières de voitures de luxe. L'acheteur y associe désormais une bonne finition.“ D'ici à la porte de bureau aux sonorités travaillées, il n'y a en fait qu'un tout petit pas.
Guido Diesing
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Mensch & Büro 4/2003 |
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Les employés de la centrale de la société Siemens se sentent très à l'aise. Car l'image et le degré de notoriété d'une l'entreprise est un aspect, qui détermine fortement – et cela est une surprise – la façon subjective de percevoir son propre lieu de travail.
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